Depuis une semaine, les Fribourgeois se mobilisent contre la fermeture de leur Brasserie du Cardinal, déjà sauvée une première fois en 1998, après des mois de mobilisation citoyenne.
L’histoire se répète, les politiciens en mal de bain de foule vont se boire des Cardoches devant l’usine, certains comparent Cardinal à la Bénichon, au Moléson, ils vont même jusqu’à évoquer un patrimoine fribourgeois que personne au monde ne devrait avoir le droit de toucher.
C’est sympa, c’est super, mais il aurait peut-être fallu y penser avant ! Parce que bon, la dernière fois qu’il était question de sauver Cardinal, c’était au siècle dernier, autant dire il y a une éternité.
Au milieu des années 90, on était encore dans la phase préliminaire de la révolution néolibérale. On pouvait encore émettre quelques doutes sur le résultat de la mondialisation. On ne mesurait pas encore les effets du libéralisme économique poussé au paroxysme. Il n’y avait même pas l’euro, pas encore le traité de Lisbonne.
On n’avait pas encore réduit l’homme à une simple valeur marchande. On n’était pas encore à l’heure de la concurrence généralisée et du chacun-pour-soi après moi le déluge. La classe moyenne n’était pas encore définitivement anesthésiée. On n’était pas dans la logique du profit maximal. Les pouvoirs publics avaient encore vaguement leur mot à dire au niveau local. Les entreprises, le plus souvent implantées en Suisse, se souciaient encore vaguement de leur image dans la population.
Entre la première affaire Cardinal et celle d’aujourd’hui, l’ordre économique mondial a complètement changé. En quinze ans, pour le plus grand plaisir de l’économie suisse et des politiciens qui la soutiennent, l’espace économique est devenu planétaire.
Entre le milieu des années 90 et aujourd’hui, le marché de la bière s’est lui aussi totalement mondialisé. Le principal concurrent des Danois de chez Feldschlösschen Carlsberg qui veulent fermer la Brasserie du Cardinal à Fribourg, c’est le groupe belgo-brésilien AB Inbev. Une boîte qui fait bosser 120 000 personnes dans le monde. Une boutique qui fait 15 milliards de chiffres d’affaire par an, des milliards d’euros de bénéfices et qui pèse des dizaines de milliards en capitalisation boursière.
A Fribourg, ça gueule parce que Feldschlösschen Carlsberg veut délocaliser à Rheinfelden, entre nous soit dit, ils auraient pu délocaliser plus loin.
Reste qu’avec cette histoire, si j’étais Carlos Leal du groupe Sens Unik et que j’avais vendu mon image pour faire la pub de la Feldschlösschen Premium - « Mon style, mon goût, ma bière », je demanderais vite fait une petite rallonge de salaire.
L’autre fois c’était fin octobre et ça s’y prêtait moins pour boire des bières en plein air. Là c’est plus agréable ! Trêve de bêtises on est solidaires. Courage aux employés.
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Et moi qui croyais que c’était une bière suisse bien de chez nous parfaite pour accompagner les parties de jass. Sur AB inbev : Elle représente à elle seule une part de marché d’environ 14 %, et une production de 246,3 millions d’hectolitres de bière et 25 millions d’hectolitres de limonades.
(source wikipedia). Vous avez soif de diversité ???
C’était beau de penser que les colons avaient laissé en héritage dans de nombreuses parties du monde leur recette de bière, que s’étaient appropriée alors les autochtones donnant lieu ainsi à des créations uniques !!
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