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Haiti, 1971, l'année où Francois Duvalier ("Papa Doc") transmit le pouvoir à son fils Francois ("Baby Doc"). [keystone]
Haiti, 1971, l'année où Francois Duvalier ("Papa Doc") transmit le pouvoir à son fils Francois ("Baby Doc"). [keystone]
Haiti, 1971, l'année où Francois Duvalier ("Papa Doc") transmit le pouvoir à son fils Francois ("Baby Doc"). [keystone]

Haiti, un sort qui s’acharne

Haiti avait tous les atouts pour devenir prospère. Devenu premier pays majoritairement noir à accéder à l’indépendance en 1804, l’Histoire de cette république ressemble pourtant à une lente descente aux enfers. Elle commença par payer son indépendance au prix fort, via une indemnité imposée par la France de 150 millions de francs or pour « dédommager les anciens colons ». Renégociée en 1838 à 90 millions, cette dette d’indépendance a été entièrement honorée par versements successifs jusqu’en 1983. De quoi contribuer au sous-développement de Haiti.

A quoi il faut ajouter une occupation américaine, entre 1915 et 1934. Une dictature féroce, celle des Duvalier entre 1957 et 86, avec l’appui des Tonton Macoute de sinistre mémoire. Et des espoirs cruellement déçus sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide, finalement contraint à l’exil en 2004 après des mois de manifestations populaires.

Haiti est un pays polarisé à l’extrême. Une petite oligarchie qui vit dans les beaux quartiers de Port-Au-Prince et une majorité qui vit en-dessous du seuil de pauvreté qui s’entasse dans les bidonvilles et dans les campagnes, délaissées par les investissements.

Le contraste entre la république de Saint-Domingue est criant. L’île est coupée en deux. Verte d’un côté. Noire de l’autre. Le côté de Haiti, où la déforestation pratiquée par une population livrée à elle-même a des conséquences tragiques: ouragans et tempêtes tropicales provoquent régulièrement des glissements de terrain meurtriers…

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