L’attitude de la Suisse durant la Deuxième guerre mondiale fait toujours débat. En décembre 2010, l’UDC a lancé l’idée de modifier les manuels scolaires d’histoire, et de citer comme “mauvais exemple” le travail effectué par la Commission Bergier, mise sur pied après l’affaire des fonds en déshérence.
Les documents le prouvent pourtant: dès 1942, les autorités suisses savaient que des massacres à grande échelle étaient perpétrés par les Nazis. Elles détenaient notamment ces informations par les rapports des diplomates helvétiques et par les témoignages de déserteurs allemands. Pourtant, dès août 42, la Suisse ferma ses frontières aux réfugiés. “La barque est pleine”, déclara alors Heinrich Rothmund, le chef de la Division fédérale de la police.
L’opinion publique suisse, elle, fut maintenue dans l’ignorance jusqu’à la libération des camps de concentration par les Alliés. Jusqu’à la fin de la guerre en effet, la censure filtra les informations et les membres du personnel médical de retour de l’étranger se virent interdits de conférence publique.
Lien: Le dossier consacré au sujet par les Documents diplomatiques suisses (www.dodis.ch)